Nous sommes actuellement le Mer Fév 20, 2019 12:57 pm
Le fuseau horaire est UTC+1 heure [Heure d’été]

Ce que vous n’aimez pas au Japon

Description de la pratique réelle du karate au Japon.

Ce que vous n’aimez pas au Japon

Message par Sua » Lun Fév 11, 2019 3:33 am

Je voudrais ouvrir un nouveau sujet mais sans faire de polémiques . Si le webmaster n’est pas d’accord il peut effacer mon sujet et je m’excuse par avance .
Je sais que les membres et les visiteurs qui viennent ici sont fans du karate au Japon mais je voudrais savoir si certains d’entre eux trouvent des aspects négatifs avec la pratique au Japon ou dans l’attitude des professeurs Japonais ou d’autres points négatifs . Je précise encore que je ne veux manquer de respect à personne ni entraîner de discorde sur le site . Mais je sais que le webmaster est très libre dans ce qu’il écrit alors merci si le sujet est permis .
Sua
 
Message(s) : 212
Inscription : Jeu Mars 20, 2014 11:22 pm

Politiquement incorrect

Message par karatejapon » Lun Fév 11, 2019 4:25 pm

Tous les sujets sont bons sur le site, à la condition absolue qu’il ne s’agisse pas de chercher la polémique à tout crin, exercice stérile et futile par essence. Il est vrai que nous ne donnons pas ici dans le politiquement correct, comme nos membres les plus anciens ont pu le voir à plusieurs reprises. De même, point d’idolâtrie du Japon et des Japonais.
Le topic ouvert par Sua trouve donc tout naturellement sa place sur notre site.
On pourrait ajouter l’adage populaire « qui aime bien, châtie bien » et, très simplement, nous faisons confiance à l’objectivité ainsi qu’au recul des membres qui souhaiteront apporter leur contribution à ce thread.
karatejapon
Admin
 
Message(s) : 3838
Inscription : Mar Août 15, 2006 10:48 am

Premières réponses

Message par karatejapon » Lun Fév 18, 2019 11:00 pm

Depuis l’ouverture de ce fil de discussion par Sua, nous avons réfléchi au sujet et pouvons apporter quelques réponses, issues de nos conversations avec divers pratiquants non Japonais.
Il faut déjà intégrer le fait que les personnes mécontentes et qui s’expriment à ce propos sont essentiellement étrangères. Les Japonais, à certaines exceptions près, sont assez peu vocaux sur le sujet. Le consensus reste la norme et, en cas de profondes divergences, un départ dans la discrétion est de mise. Cela étant dit, les exemples de mécontents finissant par choisir la scission abondent au Japon, quelque soit l’Ecole de karatedo considérée.

Nous vous proposons donc de traiter le cas des non Japonais dans un premier temps. Nous étudierons la question de plus près dans les semaines qui viennent en ce qui concerne les Nippons.

Au regard de nos conversations et constatations, depuis de nombreuses années, il apparaît certains point récurrents dans les reproches à l’encontre des ryu japonaises et de leurs dirigeants ou représentants.

Il est, tout d’abord, très souvent question de volonté hégémonique des Nippons qui tiennent à conserver une sorte de leadership sur les étrangers. Ceux ci en sont d’ailleurs partiellement responsables car l’idolâtrie est fréquente. Ne voulant froisser personne, nous ne citerons pas de noms mais, un Européen chargé d’importantes responsabilités au sein d’une Ecole majeure, affirmait voici deux ans que «...même si ne nous en rendons pas compte, les Japonais savent ce qui est mieux pour nous...». Cet avis pour le moins tranché n’est pas unanimement partagé, tant s’en faut. Nombreux sont les non Japonais à considérer que tout ce qui vient du Japon n’est pas parole d’évangile et que tout étrangers que nous soyons, notre libre arbitre doit être préservé. De même, les compétences techniques et autres sont parfois aussi élevées à l’étranger qu’au Japon. Néanmoins, certains Nippons refusent de l’admettre et cherchent à garder des suiveurs dociles et obéissants, garantissant une sorte de fond de commerce. Si cette idée peut paraître exagérée voire quelque peu insultante, force est de constater que dans la majorité des Ecoles les Japonais font tout ce qui est possible pour garder la main et rester sur une sorte de piédestal bien confortable.
La structure des divers groupes est telle que le lien avec le centre de référence reste très fort - ce qui n’est bien entendu pas un mal en soi - et même incontournable. Les branches à l'étranger sont inféodées au Japon, là encore avec l’accord tacite de leurs responsables, où que ce soit dans le monde.
Des esprits libres n'apprécient que modérément cette situation et cela conduit à des scissions et des critiques acerbes, pas nécessairement justifiées. L’exemple type de ce cas de figure est celui, tout récemment évoqué, du Néerlandais Jon Bluming. Ce dernier a remis en cause l’hégémonie nippone, tant au niveau administratif qu’à celui des connaissances et compétences pures en karatedo.

Un autre reproche fréquemment relevé à l’encontre des Japonais est celui de l’aspect mercantile.
Les prix prohibitifs de certains passages de grades sont généralement pointés du doigt, de façon objective, il faut bien le reconnaître. Posséder un diplôme japonais et un grade correspondant est certes attirant mais les tarifs pratiqués peuvent être dissuasifs pour le moins. Certains Nippons ont bien compris l’intérêt des étrangers pour cette forme de reconnaissance et en tirent largement profit. A leur décharge, les pratiquants au Japon acquittent les mêmes sommes. Les stages dirigés par des experts Japonais suivent la même logique que pour les passages de grades. Ce qui nous amène maintenant à évoquer les récriminations quant à ces fameux stages.
En tant que pratiquant de très longue date, nous avons participé à un certain nombre de stages sous la direction de professeurs venus du Japon. Nous avons, à ces occasions variées, entendu des critiques souvent réitérées. Elle sont généralement de deux ordres. D’abord, le contenu du stage en lui même est fréquemment remis en cause car trop porté sur les bases et ressemblant somme toute à un «simple cours». Le prix dudit stage, élevé comme de coutume, entraîne des récriminations car les pratiquants étrangers attendent autre chose. Il est évident que de grandes vérités ne seront pas dévoilées à ces occasions mais une attente forte est légitime. Comme pour les tarifs des passages de grades, les Japonais ne font que décliner outre mer ce qui se passe chez eux. Les blâmer sur ce point n’est donc pas totalement justifié puisqu’il s’agit finalement de deux visions différentes, même si pas totalement opposées.
Ensuite, un autre reproche relevé par nos soins et entendu à plusieurs reprises lors de stages, est celui de ce qui est parfois vécu comme une forme de tromperie, même si, à nouveau, le terme peut sembler fort. Attendre le responsable d’une ryu et ne bénéficier en fin de compte que de l’enseignement d’un de ses adjoints, aussi compétent soit-il, est logiquement décevant pour les pratiquants étrangers. Même si l’enseignant prévu possède en règle générale de bonnes raisons de ne pas assurer la direction du stage (problème de santé ou autres), la forte attente des pratiquants assortie du fait que le tarif ne soit pas minoré entraîne donc des critiques logiques.
L’intérêt pour l’argent plutôt que pour le développement du karatedo est un reproche majeur fait aux Japonais.

Bien plus rare, la déception peut provenir du niveau jugé peu élevé de certains Japonais, surtout lors de stages. Ce cas de figure correspond souvent à des Ecoles peu connues ou développées dans certains pays. Certains pratiquants étrangers considèrent qu’il s’agit d’une sorte de «tromperie sur la marchandise».
Nous nous souvenons d’un tel cas, au début des années 1990, en France. Un jeune instructeur Japonais était venu, soit disant mandaté par une des Ecoles majeures au Japon, pour une série de stages et entendait s’installer en France. Un magazine français spécialisé avait même effectué un reportage sur cette personne. La supercherie a rapidement été révélée avec un niveau bien éloigné du quatrième dan revendiqué et un rapide retour au Japon a réglé le problème.
Là encore, on en revient à une attente parfois trop importante quant au niveau des Japonais et leur supposée connaissance supérieure du karatedo.

Voici donc les premières réponses que nous pouvons apporter à ce sujet.
karatejapon
Admin
 
Message(s) : 3838
Inscription : Mar Août 15, 2006 10:48 am

Re: Ce que vous n’aimez pas au Japon

Message par karatejapon » Mar Fév 19, 2019 5:13 am

Il est aussi possible de répondre à la question de Sua avec dans une perspective différente qui serait celle de savoir ce qui peut déplaire au Japon, quand on s’y entraîne occasionnellement.
Notre expérience personnelle et nos échanges sur le sujet avec d’autres pratiquants qui ont fait le voyage permettent quelques réponses.

Les étrangers sont relativement souvent mis à l’épreuve au Japon où bien parfois superbement ignorés. Pas de généralisation en la matière mais quelques retours négatifs relevés par nos soins.

Dans le premier cas - le plus rare des deux - nous avons pu recueillir certains témoignages qui se recoupent. Ceux-ci concernent notamment des dojo universitaires où les étrangers sont «testés» en combat. Il semblerait que, de temps à autre, les Japonais veulent bien faire comprendre que personne ne possède le karatedo mieux qu’eux. Sans aller jusqu’au pugilat, les exemples d’échanges pour le moins rugueux avec des techniques très ou trop appuyées sont assez fréquents. Les dojo privés seraient moins affectés par ce phénomène qui se produit sans considération du type de combat pratiqué, sundome (contact contrôlé) ou jissen (plein contact).
Comme tout n’est pas blanc ou noir, il est possible d’imaginer que quelques étrangers n’adoptent pas le meilleur comportement possible et arrivent au Japon en terrain conquis. L’attitude japonaise peut donc se comprendre aisément.

Concernant le second cas, les étrangers se sentent parfois délaissés dans les dojo au Japon. Personne ne fait grand cas d’eux et aucune aide ou correction n’est apportée. On est ici loin de l’esprit de franche camaraderie et d’entraide attendus lors d’une visite dans un dojo de l’archipel.
Là encore, l’attitude et le respect de l'étiquette peuvent faire la différence. Et plus simplement, la barrière de la langue ainsi que le contact réduit avec des étrangers peuvent expliquer le comportement de certains Japonais, qui entraînera de facto critique et déception.

En espérant que ce complément de réponse aura pu vous intéresser.
karatejapon
Admin
 
Message(s) : 3838
Inscription : Mar Août 15, 2006 10:48 am

Re: Ce que vous n’aimez pas au Japon

Message par Sua » Mar Fév 19, 2019 2:34 pm

Super ! Merci je ne m’attendais pas à une analyse aussi pointue et des réponses aussi honnêtes et justes :D C’est intéressant d’avoir répondu en se plaçant à des niveaux différents avec des vues également différentes .
Sua
 
Message(s) : 212
Inscription : Jeu Mars 20, 2014 11:22 pm

Re: Ce que vous n’aimez pas au Japon

Message par karatejapon » Mar Fév 19, 2019 9:31 pm

Avec plaisir. Les réponses apportées ne sont que le reflet des nos connaissances sur le sujet et nous essayerons de les compléter plus avant, si possible.
karatejapon
Admin
 
Message(s) : 3838
Inscription : Mar Août 15, 2006 10:48 am

Retour vers Au Japon

  • Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
    Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
    Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
    Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
    Vous ne pouvez pas insérer de pièces jointes dans ce forum
  • Qui est en ligne ?

    Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité

cron