par karatejapon » Mer Jan 28, 2026 3:34 pm
Après le moment de recueillement devant la stèle érigée à la mémoire du fondateur du Kyokushinkaikan, tout le groupe accompagne le Directeur mondial jusqu'au véhicule qui l'attend en contre-bas. Toujours dans la bienveillance à mon endroit, Matsui Shokei Kanchô échange avec moi sur ces quelques dizaines de mètres. Il me demande de transmettre ses meilleurs voeux à Jacques Legrée Shihan, s'enquiert de ma santé et prend des nouvelles de ma famille. Il adresse également ses voeux à l'ensemble de la branche française de l'IKO qu'il estime en pleine progression et maintenant un acteur majeur en Europe.
Nous voici maintenant sur le long chemin sinueux et traître qui nous conduira à la cascade. Les glissades sont fréquentes mais heureusement sans conséquences physiques. Il faut surveiller où l'on pose les pieds, éviter les branches, pierres, racines et autres plaques de glace. Dans la longue histoire du camp d'hiver, un jeune adolescent s'est fracturé une jambe suite à une glissade de plusieurs mètres. Il avait alors fallu l'évacuer par hélicoptère. Rien de tout ça cette fois-ci mais des éclats de rire.
Nous faisons une halte à mi-chemin, au milieu des pics, devant un paysage magnifique, empli de sérénité. Le temps de s'assurer que tout le monde suit, se désaltérer, puis nous repartons. Il nous faudra plus d'une heure pour atteindre enfin la cascade qui ne se dévoile qu'au dernier moment mais dont nous entendons le grondement quelques centaines de mètres avant d'y arriver.
Toutes et tous se préparent pour passer sous l'eau glacée, peu abondante cette année en raison du froid. Les bords sont gelés et le flot concentré au milieu. Par contre, les plaques de glace sont nombreuses et il faut escalader les rochers avec la plus grande prudence. Les hommes retirent la veste du dôgi, comme de coutume. Nous passons par petits groupes pour éviter les glissades et "profiter" au mieux de la chute d'eau, peu large donc cette année. Les Shihan et Branch Chiefs s'y attaquent en premier. Les enfants et les femmes qui le souhaitent entrent dans le lit de la cascade dont l'eau est limpide mais très froide. Les yûdansha féminines, elles, montent sur les rochers pour les trente tsuki réglementaires.
A mon tour je grimpe et passe sous le flot frigide de façon à me positionner correctement avec le groupe dont j'ai la responsabilité. Et j'y vais avec envie car nous avons attendu près d'un quart d'heure, pieds nus dans l'eau ou sur les rochers à la base de la cascade. En effet, l'équipe de vidéastes et photographes qui nous a suivi durant tout le camp d'hiver souhaitait prendre de nombreuses photos et filmer chaque groupe avant même que le premier ne passe. Le froid est pénétrant et, qui plus est, le soleil est totalement voilé.
Une fois notre passage terminé, chacun trouve un endroit à l'abri des regards pour se sécher et enfiler des vêtements chauds. Il nous faudra encore près de quarante cinq minutes pour rejoindre le point de rencontre avec les autocars qui nous ramèneront à Tôkyô. Cette dernière étape du parcours entraînera encore plusieurs chutes sur des plaques de verglas, mais là encore sans occasionner de blessures.
Tout ce qui a précédé, couplé au ronronnement du moteur et à la douce chaleur bienvenue dans l'autocar, fait que le retour s'effectue dans un grand calme. La moitié du groupe de chaque véhicule s'endort. Nous marquons un seul arrêt lors de ce trajet, dans un relais routier. Les cafés, thés et chocolats chauds sont de mise et procurent un bien être considérable. Quelques spécialités culinaires locales seront également les bienvenues. Le petit-déjeuner est bien loin et le froid exige de prendre des calories.
Arrivés au Honbu dôjô, près de la gare de Ikebukuro, nous récupérons nos bagages rangés dans les soutes des autocars puis nous regroupons devant l'entrée. Selon la tradition, tout le monde se salue avec un OSU sonore puis, individuellement, nous nous remercions, conscients d'avoir souffert ensemble mais aussi d'avoir vécu un excellent moment. Chaque membre de l'organisation est également remercié et il en va de même pour les Sensei dirigeant les différents groupes. Chacun repart ensuite de son côté, fatigué mais content d'avoir participé au camp d'hiver qui reste un must dans le parcours d'un pratiquant de Kyokushinkai karate.