par karatejapon » Dim Jan 11, 2026 5:21 am
A 13:00 tout le groupe est dans la salle de spectacle de l’auberge qui tient lieu de dôjô, pour le cours de Matsui Shokei Kanchô.
Actuellement touché par des problèmes articulaires, le Directeur mondial de l’IKO laisse Akaishi Makoto Shihan diriger la partie physique de ce cours mais, comme de coutume, il intervient beaucoup pour apporter son expertise et des explications pointues. Comprendre la langue japonaise et ses subtilités se révèle alors un grand avantage afin d’en apprendre le plus possible.
Chaque exercice est ponctué d’interventions du Kanchô durant les presque 2H30 du cours. Il corrige également les pratiquant(e)s, de façon individuelle, depuis la scène d’où il peut voir jusqu’au fond de cette grande salle.
Comme auparavant, pour d’autres kangeiko, nous vous proposons un verbatim que nous espérons coller au plus près des explications et de la pensée de Matsui Shokei Kanchô.
"Réfléchissez au concept de shin gi tai, l’esprit, la technique et le corps. Vous devez comprendre que la notion la plus importante reste celle de l’esprit car il doit être dans chaque technique que vous exécutez. Il faut pleinement s’impliquer dans chaque technique et ne pas travailler mécaniquement. Sans l’esprit il ne s’agit que de mouvements sans véritable signification."
"Quand vous aurez fini cet entraînement, il faudra ensuite y réfléchir. Prenez l’exemple d’un livre. Tout le monde sait lire et on peut se contenter de lire un alignement de mots. Par contre, si vous êtes conscient de ce que vous lisez, vous réfléchirez à ce que l’auteur a voulu transmettre. Il en va de même pour le karate. A vous d’analyser et de chercher à comprendre en allant au delà de la simple technique."
"Trouvez un équilibre entre le corps et l’esprit. Ce dernier doit vous aider à passer à une étape supérieure et progresser, même quand vous êtes blessé. J’en ai récemment parlé avec un Sensei de la Japan Karate Association à l’université Keiô et nous sommes arrivés aux mêmes conclusions. Et c’est également ce que j’ai compris en relisant des écrits de Miyagi Chôjun Sensei. Donc, que ce soit le Kyokushin, le Shotokan ou la Gôjû ryû, c’est la même chose. Le karatedô, au delà des Ecoles, permet d’arriver au même résultat."
"Soyez pleinement conscient de ce que vous faites, ne soyez pas passif durant l’entraînement. J’en vois certains ici lancer des coups de pied et de poing sans aucune intention. Ce n’est pas du karate, simplement de la gymnastique. Dans ce cas, pas besoin d’aller au dôjô. Et si vous portez une ceinture noire, ne vous regardez pas avec complaisance. N’importe qui peut acheter une ceinture noire dans un magasin et s’admirer avec mais quel en est l’intérêt…? C’est comme si vous achetiez d’excellentes chaussures pour courir mais que vous ne vous entraîniez pas, ça ne veut rien dire. C’est la même idée pour tous les sports et tous les budô."
"Je vous ai demandé tout à l’heure d’être conscients en exécutant les techniques mais j’en vois encore qui frappent n’importe où. Ça ne va pas! Même durant les exercices du idogeiko vous devez visualiser une cible précise. De même, il faut conserver la rectitude du corps, y compris sur les techniques circulaires. La tête ne doit pas bouger n’importe comment. Pensez à votre colonne vertébrale jusqu’à la nuque."
"Savez-vous que l’ordre du dogi naoshite est aussi un exercice…? Vous devez vous tourner vers la droite refermer votre veste et resserrer votre noeud de ceinture et vite revenir face au shinzen. J’en vois qui se recoiffent!" (Eclat de rire de Matsui Shokei Kanchô puis de toutes et tous en le voyant mimer ce qu’il vient d’observer)
Sur un plan purement technique, ce cours a suivi le schéma classique en vigueur au Honbu dôjô avec l’échauffement, les tsuki waza, les blocages et les keri waza.